Insomnie

Texte ressorti des archives de l’ordinateur. Probablement décembre 2010. Sur l’insomnie, la conscience de soi, du corps, du temps, de l’espace. L’aliénation, aussi.
Je relit ce texte, sans ponctuation. Du souffle, un mouvement. Pas un poème. Pas une prose. Plainte, peut-être. Profération d’insomniaque, sans doute.

 

 

un mouton deux trois quatre moutons cinq moutons moutons six sept moutonmouton

une heure

deux heures

pas dormir attendre attendre

trois heures

conscience de moi

quatre heures

et si c’était moi…

sottes les paupières sautent

cinq heures

non c’était pas moi ça peut pas être moi pas être moi pas être moi pas être moi

six heures

confusion mentale du lieu du temps des choses entre où et être

moi moi moi seule seule entourée de silence  scie du sens du vide de mon corps corps… corps de ma peau mon manteau de seules pensées seules seules…

le lit dur les draps froids enfoncée droite solide oreiller comme un gouffre une bouche qui aspire

murmure

sept heures

son gosier de métal parle toutes les langues me menace soudain et me dis souviens-toi !

huit heures

accélération du rythme cardiaque décrochement

il n’y a plus de moi plus de moi plus de toi plus d’ailleurs juste là seule sans un sens à penser insensée en sens c’est censé encenser ma pensée

si ce n’est moi c’est personne et personne n’est rien donc ce n’est rien rien je n’ai rien

neuf heures

tic tac tic tac tic croquent les minutes et badaboum les heures

dix heures

moi là

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